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jeudi 23 juin 2016
Décès de Sékou Diarra : Le combattant infatigable a déposé les armes
Sékou Diarra a dédié sa vie à la défense des causes justes et à la promotion valeurs humanistes.
Dans l’après-midi de ce lundi 07 septembre 2015, la grande faucheuse s’est acharnée sur une figure emblématique du mouvement associatif et pionnier de l’alter mondialisme dans notre pays : il s’agit de Sékou Diarra qui a perdu le combat que nul mortel ne peut gagner ici-bas, à l’âge de 56 ans. Mort, où est ta gloire ? La foule déferlante qui l’accompagné à sa dernière demeure au cimetière de Lafiabougou, le mardi 8 septembre 2015, et les témoignages poignants des voisins, amis, camarades de lutte et autres collaborateurs ont fini de convaincre sur les qualités humaine, sociale, morale et éthique d’un homme qui forçait l’admiration et le respect au prime abord. Les propos de l’Ambassadeur du Royaume des Pays-Bas au Mali (où il travaillait au moment de son décès en qualité de conseiller technique chargé de développement durable), qui a estimé que Sékou Diarra laissera un vide difficile à combler, en étaient une illustration éloquente. Tout comme les propos de ce vieil homme, voisin du défunt, qui déclara avec un zeste d’émotion, devant la dépouille de Sékou Diarra : « Dans le voisinage, Sékou Diarra était irréprochable. Il respecte tout le monde, il n’a causé de mal à personne. ». Il serait fastidieux pour moi d’égrener le chapelet d’actes et actions d’altruisme et de bonté qu’il a accomplis à ses prochains.
Combattant inlassable, Sékou Diarra en imposait par sa grande culture générale, son dévouement dans la défense des couches faibles. Il aura été, durant toute sa vie, un encadreur volontaire pour beaucoup de jeunes dans leurs projets, un soutien pour des personnes lésées dans leurs droits, un espoir pour des personnes démunies et un directeur de conscience pour bien de jeunes en manque de repères. Bourreau du travail, la journée s’avérait courte pour celui qui se réveillait aux aurores pour ne dormir que tard dans la nuit. Même la maladie qui le fatiguait depuis un certain n’a entamé en rien à son engagement et sa détermination.
Sans tambour ni trompette, avec la modestie qui le caractérisait, il a porté haut la voix du Mali dans les fora à travers ses multiples interventions aux quatre coins du Mali. Autant il pourfendait le libéralisme sauvage à l’origine du chaos actuel qui sévit dans le monde, autant il tançait l’attitude peu patriotique d’une élite dépeinte comme une bourgeoisie compradore locale qui fait main basse sur les richesses du pays au détriment de la grande majorité de la population plongée dans la misère. Christian Aid Mali, Jubilée 2000 puis CAD Mali (Coalition africaine Dette et Développement), CADTM (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde), Helvetas Mali et son parti politique SADI, ont été autant de tribunes qui lui ont permis de défendre ses idéaux et ses convictions avec force conviction. Ingénieur en en Elévage formé à l’IPR de Katibougou et diplômé en politiques économiques et de développement à l’université catholique Louvain-la-Neuve en Belgique, Sékou Diarra a tiré sa révérence sans voir la concrétisation de certains projets qui lui tenaient à cœur. Au nombre de ceux-ci figure l’ouverture de l’université agricole CIFA (Centre intégré de formation agronomique/ Université Rurale Agro écologie à Kalabambougou en commune IV du district de Bamako.
Vos œuvres et tes combats ne tomberont pas en déshérence. Elles seront portées par ceux qui ont blanchi sous le harnais de votre sagesse, abnégation et de votre perspicacité. Dors en paix combattant ! Ainsi va la vie.
vendredi 25 juillet 2014
Nation : IBK en osmose avec le peuple
Le président de la République Ibrahim Boubacar Kéita est convaincu qu’il est le président de tous les Maliens et qu’à ce titre, les problèmes du pays requièrent l’implication de tous. Voilà qui justifie la décision présidentielle de convoquer, du mercredi 23 au jeudi 24 juillet 2014 à Koulouba, toutes les forces vives de la nation autour de la question du nord. Ces consultations avaient les allures d’un véritable brainstorming en vue d’esquisser des solutions concrètes et viables au problème du nord dans la perspective des pourparlers d’Alger dont le premier round s’est achevé hier jeudi par la signature entre le gouvernement malien et les six groupes armés d’une feuille de route sur la cessation des hostilités . Devant les présidents des institutions de la République, les chefs des partis politiques et responsables de la société civile, le chef de l’Etat a fait le point de la rencontre d’Alger avant de revenir un tant soit sur la situation du Mali depuis la visite du premier Moussa Mara à Kidal en mai dernier. Le choix d’Alger a ceci d’important pour Ibrahim Boubacar Kéita que le pays de Bouteflika partage une position chère au Mali, c'est-à-dire pas d’indépendance ou d’autonomie et la présence en terre algérienne d’une forte colonie touarègue.
« Le plus dur est venir à savoir les négociations sur le fond. A ce niveau il est important qu’en engageant le pays, l’on s’assure du soutien de toutes forces vives du pays. De la même manière nous devons demander que les groupes armés retournent aux positions d’avant le 17 mai 2014. Avant cette date, le gouverneur, les forces armées et de sécurité étaient à Kidal. Aujourd’hui l’Etat malien a disparu d’une bonne partie du nord du Mali(…)», a déclaré Tiébilé Dramé à l’issue de la rencontre avec le président de la République. Le président du parti du Bélier blanc a invité le chef de l’Etat à saisir plus vite la communauté internationale pour que cette situation change avant de l’inviter à ne pas tomber dans le piège des négociations longues. Le Pr Mamadou Kassa Traoré de la majorité présidentielle a apprécié l’engagement des chefs de partis politiques, toutes tendances confondues, à s’entendre et à s’unir pour aller vers une union autour du Mali. Même impression chez Mamadou Bakary Sangaré dit de la Convention sociale démocrate (CDS Mogotiguiya) qui s’est réjoui de la communion d’esprit à l’égard du président de la République par rapport au nord.
Devant les représentants de la société civile, des leaders religieux des anciens premiers et hommes de médias, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, a insisté sur la recherche d’une solution rapide à la question nord et l’impérieuse nécessité d’équiper l’armée malienne mal en point. « L’Etat a le devoir, quel que soit ce qui s’est passé, de reconstruire l’armée malienne. Quoiqu’on dise, quels que soient les cris d’orfraie par rapport à nos efforts d’armement, nous allons continuer nos efforts à le faire. Il n’y a pas d’autres solutions pour nous, l’armée du Mali sera équipée inchallah », a martelé le chef suprême des armées. L’occasion a été mise à profit pour évoquer d’autres sujets brûlants de l’heure comme la situation de l’école malienne. A la fin des échanges fructueux et enrichissants, les interlocuteurs du chef de l’Etat ont reconnu avoir été édifiés sur plusieurs dossiers avant d’appeler les Maliens à l’entente pour relever les défis.
mardi 8 juillet 2014
Billet : Ramadan ou le triomphe de l’ostentation
Réputé être le mois par excellence de la solidarité, de l’entraide et d’assistance sociale, le mois de ramadan est devenu l’occasion rêvée pour les hommes politiques et autres narcissiques d’afficher leur soudaine et curieuse propension pour la religion musulmane. Bonjour les pratiques ostentatoires. Des opérations ‘’Sunakari’’(rupture du jeûne) sont légion. chacun y va de sa trouvaille. Le hic est que tout se passe à grand renfort médiatique. Chaque cérémonie de dons se passe sous les objectifs des caméras et les flashes des photographes et journalistes mobilisés à cet effet. Des gros plans et interview à la télé, des articles dithyrambiques avec des photos du généreux donateur dans les journaux sont ensuite relayer par les médias pour immortaliser la cérémonie à toutes fins utiles. Du coup la misère des uns fait la publicité et la promotion des autres. Et voilà réussi un bon coup de com. La pratique, qui a pignon sur rue par ces temps qui courent, est pourtant aux antipodes des recommandations coraniques mais elle s’inscrit dans l’air du temps.
On a point besoin de faire l’exégèse du Coran pour savoir que les actes de solidarité et d’entraide vis-à-vis de son prochain grâce à Dieu sont vivement recommandés et appréciés par le Créateur. Ces actes le seront encore mieux lorsqu’ils se passent sous le sceau de l’humilité et surtout de la discrétion. C’est le contraire du cirque auquel on assiste depuis le début de ce mois béni qui va boucler son dixième jour. Les hommes politiques qui ont généralement le flair subtil excellent le plus dans cette pratique. Ils en font une récupération pour gagner le cœur des âmes en détresse. La démarche qui n’est pas sans arrière-pensée, loin s’en faut. L’objectif étant de récolter les dividendes de ces gestes lors des prochaines joutes électorales. Jusqu’ici déconnectés de leur milieu naturel, ces hommes et femmes subitement piqués par le virus de la solidarité le temps du mois du ramadan, se rapprochent des nécessiteux comme attirés par une force magnétique.
Les hommes politiques n’ont pas le monopole de cette rente religieuse. Des institutions de la République saisissent la balle au bon. Des sacs de sucre sont distribués à tout-va. Leur cible très spéciale: les journalistes. Le reste est facile à deviner. Des commerçants ainsi que d’autres particuliers bien lotis sur le plan financier se prêtent aussi volontiers au jeu. Histoire de se couvrir du respect et de la considération du quartier qui n’hésitera pas à lui trouver une place de choix au ‘’Panthéon’’ des âmes nobles. Des distributions de denrées alimentaires comme le sucre et la datte, la distribution des billets de banques à des pauvres gens, des vivres à la mosquée pour les besoins de la rupture du jeûne… sont les armes de séduction religieuse dégainées pour la circonstance. Ainsi va le ramadan en mode ostentatoire.
mardi 7 janvier 2014
Lutte contre la corruption : IBK à l’assaut d’un gros morceau
Dans son discours à la nation à l’occasion du nouvel an, le président de la République a réitéré sa volonté ferme de lutter contre la corruption. Pour convaincre les compatriotes de sa bonne foi, il n’a pas hésité de décréter 2014 comme année de la lutte contre la corruption. Plus d’un Malien a été séduit et enthousiasmé par la mesure présidentielle. Cependant beaucoup de compatriotes demeurent perplexes quant à sa traduction dans les actes tant ce mal s’est métastasé dans le corps social malien tel un cancer. Si la tâche est certes ardue, elle n’est pas impossible. La hargne, la pugnacité et le sens d’autorité prêtés au président sont autant d’atouts qui militent en sa faveur pour relever le challenge. Le combat présidentiel serait plus aisé à mener s’il bénéficie de l’adhésion du peuple. A ce niveau, rien n’est moins sûr.
En effet la pratique de la corruption est bien ancrée dans les mœurs maliennes depuis des décennies. C’est surtout dans l’Administration où le mal est très prononcé. La corruption demeure pour bon nombre d’agents de l’Administration publique le moyen de pouvoir tirer leur épingle devant une situation salariale qui frise la misère. « Aucun fonctionnaire malien ne peut prétendre vivre de son salaire. Tous ces fonctionnaires qui roulent dans des voitures rutilantes et ayant de somptueuses maisons s’adonnent à des pratiques de corruption », tranchait sur le vif il y a quelques années un fonctionnaire malien de catégorie A, réduit à de terribles gymnastiques, à l’instar de la plupart de ses collègues, pour réaliser la prouesse de bouillir la marmite au quotidien comme on le dit prosaïquement. Cette boutade du pauvre fonctionnaire rappelle bien le cas des milliardaires maliens dont des fonctionnaires qui a défrayé la chronique sous le règne d’Alpha Oumar Konaré, lequel avait pourtant aussi montré sa détermination à lutter contre la corruption.
Loin de s’ériger en donneur de leçons, la lutte contre la corruption doit aujourd’hui être doit comporter à notre sens des préalables. D’abord, il faut une méthode pédagogique avant toute lutte coercitive ou punitive. Ce qui ne veut pas du tout dire permissivité en la matière. En fait de méthode pédagogique, il s’agira d’engager de nouveau et de façon intensive une campagne de communication et de sensibilisation, à aussi bien des corrupteurs que des corrompus, sur les pertes et le manque à gagner qu’occasionne la corruption au Mali en prenant l’exemple sur les rapports du Vérificateur général ou de la CASCA (Cellule d’appui aux services de contrôle de l’Administration). Ceci amènera sans doute les uns et les autres à comprendre que l’argent volé sur le dos des pauvres contribuables pouvait permettre de créer des dispensaires, des hôpitaux, des écoles des usines et bien d’autres infrastructures de développement. Ceci amènera aussi les citoyens maliens à cesser de cautionner souvent de façon inconsciente les pratiques de corruption. En effet un directeur ou un ministre qui quitte son poste sans faire des réalisations onéreuses et ostentatoires comme l’achat des voitures, la constriction des maisons ou aller en nouvelles noces, il est tout simplement taxé de maudit. Au même moment celui qui pille les caisses de son service, est adulé, voire salué pour sa fulgurante ascension sociale. Même si nul n’est censé ignorer la loi comme pourraient objecter certains, cette méthode aurait le mérite de clouer le bec à ceux qui pourraient se cacher derrière le paravent de l’acharnement, règlements de compte ou autres fallacieux prétextes. Un autre préalable à la lutte contre la corruption demeure sans doute la nécessité absolue de revoir à la hausse les salaires maliens qui ne permettent pas aux bénéficiaires de vivre dignement. Avec des salaires considérés comme des primes, il n’est pas facile de voir disparaître la corruption comme par enchantement. Et c’est bien après cette étape que la machine doit être mise en branle pour traquer les délinquants financiers ainsi que toutes autres personnes s coupables de corruption. Le coup est d’autant plus jouable que le régime IBK a déjà annoncé les couleurs au niveau de la justice par l’inculpation des magistrats, très craints et supposés intouchables, au comportement peu orthodoxe. Ce, après celle du général de corps d’armée, Amadou Haya Sanogo, coupable d’un mauvais calcul pour paraphraser le président IBK. En tout état de cause, l’alerte est donnée, il ne reste plus qu’à souhaiter bon vent au Kenkelentigui !
lundi 9 septembre 2013
Nouveau gouvernement : Un si étrange mélange hétérogène
Fin du suspense. La liste du nouveau gouvernement est connue depuis hier après-midi. Riche de 34 membres, l’équipe de Oumar Tamam Ly est un savant mélange d’anciens et nouveaux ministres. Ils sont 19 ministres à étrenner l’étoffe ministérielle pendant, 7 de la Transition rempilent et 8 reviennent après avoir servi les deux premiers présidents de l’ère démocratique à savoir Alpha Ouamr Konaré et Amadou Toumani Touré. Si la nomination du nouveau premier ministre avait suscité un certain engouement chez les Maliens, cela est loin d’être le cas avec le nouveau gouvernement. L’architecture gouvernementale est, à quelques exceptions près, loin du changement de tête auquel s’attentaient les compatriotes lassés de voir sans discontinuer certains visages dans la gestion des affaires publiques depuis deux décennies. L’argument selon lequel le nouvel attelage gouvernement est chargé d’évacuer les urgences du moment pour baliser le chemin pour la suite d’ci les élections législatives, convainc peu de personnes. Car, estime-t-on, il y a beaucoup d’hommes et de femmes de valeur inconnus jusque-là qui pouvaient bien faire valoir leurs compétences. Et l’on ne peut pas avoir la prétention de faire du nouveau avec du vieux.
Concernant les ministres rescapés de la Transition, si le maintien des ministres Moussa Sinko Coulibaly(Administration territoriale, de la Décentralisation et de Collectivités locales) et Tiéman Hubert Coulibaly( Domaines de l’Etat et des Affaires foncières) peut être apprécié pour les résultats engrangés par ces personnalités, l’on comprend difficilement qu’on ait fait les yeux doux à d’autres qui n’ont manifestement rien réalisé de particulier sous la gouvernance transitoire. Contre toute attente on a trouvé des moyens de se débarrasser des gens qui ont pourtant convaincu tout le Mali sur leur compétence et intégrité morale. Parmi ceux-ci, il convient de citer Malick Coulibaly et Tiénan Coulibaly, respectivement anciens ministres de la Justice, garde des Sceaux et ministre du de l’Economie, des Finances et du Budget ensuite ministre du commerce.
A la décharge du nouveau pouvoir, les revenants ont, pour la plupart donné de bonnes impressions lors de leur passage dans le gouvernement et jouissent d’une compétence avérée dans la gestion. C’est cas par exemple de l’actuelle titulaire du ministère de l’Economie et des Finances et ancienne ministre des domaines de l’Etat, des affaires foncières et de la Communication sous Alpha, Mme Bouaré Fily Sissoko qui continue de faires ses preuves dans l’institution internationale comme la Banque mondiale. Par contre le retour de Moustapha Dicko dans le gouvernant en qualité de ministre de l’Enseignement supérieur laisse perplexe plus d’un. Les deux passages qu’il a faits sous Alpha Oumar Konaré à la tête de l’éducation n’ont produit que des résultats très peu convaincants.
L’arrivée de jeunes ministres à l’image du maire de la commune IV du district de Bamako Moussa Mara, à l’Urbanisme et de la politique de la ville ainsi que Mahamane Baby à l’emploi et à la formation professionnelle est un signal fort. Tout comme la décision de dédier tout un ministère à la à la Réconciliation nationale et du développement et des Régions du Nord
Mali : Aidez le soldat IBK !
Tapis rouge pour IBK. Demain mercredi, le tout nouveau président malien Ibrahim Boubacar Kéïta prendra officiellement fonction après sa prestation de serment. L’home entame son magistère avec un préjugé favorable d’être le président le plus légitime de l’histoire du Mali au regard du taux de participation et le score record du scrutin qui l’a porté à la tête de l’Etat. Cette belle embellie cache pourtant mal les défis qui jonchent la route de la colline Koulouba qu’il va arpenter désormais pendant cinq ans. Le porte-étendard du Rassemblement pour le Mali(RPM) hérite d’un Mali presque à terre qui a besoin d’une thérapie de choc pour se relever. C’est d’ailleurs conscient de cette situation pour le moins chaotique que les Maliens lui ont préféré aux autres candidats à la présidentielle passée, confiants qu’ils sont, en sa capacité de leur mener à la ‘’terre promise’’. Plus que jamais la confiance de Maliens se mesure à l’aune de leurs attentes. Du pain sur la planche du Kankeletigui qui doit se faire fort pour mettre un gouvernement compétent qui ne doit pas observer de round d’observation comme diraient les sportifs.
Mais que l’on ne se fasse d’illusion. Le nouveau président a beau avoir la volonté restaurer l’honneur des Maliens et assurer leur bonheur, il n’y parviendra que lorsque ceux-ci le voudront et l’y aideront. Comme dirait le dicton de chez nous : « on se peut pas raser la tête d’une personne à son absence ». L’onction populaire qui s’est exprimé en faveur de IBK dans les urnes doit l’être davantage au quotidien pour soutenir président et son équipe à répondre à leurs aspirations profondes. Dix ans de pratiques tordues, malsaines sur fond d’un laisser aller et d’une permissivité incroyables avaient fini de pervertir un bonne partie des Maliens. Comme inverser cette fâcheuse tendance ? Il leur faudra donc accepter de faire une cure ‘’comportementale’’, une condition indispensable d’accompagner leur joker.
Les fonctionnaires doivent arrêter de voir en la fonction publique une sinécure et un haut lieu de business, favoritisme de népotisme, de favoritisme de corruption. Les acteurs de l’école doivent accepter ramener l’école à l’école et la sortir des contingences politiques pour donner lui donner ses lettres de noblesse. Les hommes politiques doivent accepter de mettre l’intérêt du pays devant leurs intérêts personnels et égoïstes. Ils doivent cesser de voir en l’Etat une vache laitière pour eux et leurs entourages. Et porter en bandoulière une certaine éthique qui n’est du reste pas antinomique à la politique comme pourraient le penser certains. Les juges doivent accepter de sortir de la logique d’une justice à deux vitesses qui lèsent les pauvres au profit de ceux qui distribuent à la pelle les espèces sonnantes et trébuchantes. Les acteurs de la santé doivent rendre service en ne perdant pas de vue le serment prêté en obtenant le diplôme. La liste des secteurs appelés à changer n’est pas exhaustive. Comme on peut bien voir, le changement ne se réalisera pas par des cantiques ou des gesticulations mais par un changement de comportement. C’est à ce prix que les Maliens pourront aider le tout nouveau président à traduire en actes concrets ses promesses de campagne.
IBK et la fin la fin de la jachère politique
C’est ce matin,20 août, à 11 heures précises que la Cour constitutionnelle va donner les résultats définitifs du scrutin de 11 août dernier remporté par Ibrahim Boubacar Kéita avec 78,% face à son challenger Soumaïla Cisssé avec 22%. L’audience de ce matin ne vise en réalité qu’à confirmer le raz-de marée électoral du candidat du Rassemblement pour le Mali(RPM) après la décision de Soumaïla Cissé de n’introduire aucune requête auprès de la Cour constitutionnelle. Au moment ou l’ancien premier ministre s’apprête à occuper la très convoitée chaise de Koulouba, le chemin de la colline du pouvoir est jonché de défis aussi cruciaux les uns les autres. Les attentes des Maliens sont d’autant plus grandes que l’arrivée du Kankelentigui (homme de parole) est perçue comme la solution aux maux dont a souffert le pays ces dix dernières années. Des maux dont l’origine, selon la vox populi, sont la résultante de la faiblesse ou l’effritement de l’autorité de l’Etat dont le seul restaurateur désigné est IBK il a en administré la preuve par le passé. Pour les Maliens il est comme Hercule qui doit nettoyer les écuries maliennes.
Le mal qui a surtout gangréné le corps démocratique malien est sans aucun doute le consensus inauguré par l’ancien président ATT. Le consensus qui est dans son essence antinomique à la démocratie. Une opposition aphone rivalisait avec une société civile pusillanime dans l’art de décrocher des strapontins. Les partis politiques dans leur écrasante majorité ont préféré surfer sur la vague du suivisme pour ne pas être sevré des avantages du pouvoir. La nouvelle trouvaille a longtemps donné le change tant au plan national qu’à l’extérieur à telle enseigne que le Mali était cité à tout bout champ comme la vitrine démocratique au sud du Sahara. ‘’La supercherie politique’’, selon un observateur de la scène politique malienne a, in fine, montré ses limites avec le résultat qu’on connaît.
Le Mali de ATT avait ainsi fini de réunir les ingrédients de la jachère démocratique, après les dix ans de labour démocratique sous Alpha Oumar Konaré, le Mali a pendant dix ans, connu ce qu’on pourrait appeler la jachère démocratique. Cette pratique qui consiste en agriculture à laisser un terrain se reposer pendant quelques temps pour se fortifier. C’est du moins ce qu’on espère pour la démocratie malienne qui, dit-on, va retrouver son tempo réel avec le nouveau locataire de Koulouba. Son charisme, son expérience et sa fermeté sont autant de préjugés favorables qui plaident en sa faveur. Pour y arriver, il doit cependant rompre d’avec les méthodes d’ATT qui se résumaient à plaire à tout le monde et à réunir tous les acteurs politiques autour de la marmite sur fond de corruption et de permissivité occasionnant du coup une sclérose démocratique au détriment du développement du pays.IBK doit éviter le piège de ces hommes politiques qui se comportent comme de véritables girouettes qui prennent le sens du vent, n’ont aucune conviction et n’apporte aucune valeur ajoutée à l’exercice du pouvoir. En revanche il doit toujours essayer d’être en phase avec les masses populaires qui l’ont porté au sommet de l’Etat et dont le bonheur, a-t-il promis, sera assuré son son magistère.
Premier tour de la présidentielle : Partie gagnée
La surprise du chef. Ainsi peut-on qualifier le scrutin d’hier qui, en se déroulant dans une atmosphère empreinte de sérénité et sans incident tout en drainant plus d’électeurs que les autres scrutins, aura été le meilleur du pays. De bon augure pour la sortie de crise.
Historique ! Le premier tour de l’élection présidentielle de ce dimanche 28 juillet l’aura été. Meilleur scrutin de l’histoire politique contemporaine du Mali. Elle l’aura également été de l’aveu même du président de transition, Dioncounda Traoré, venu accomplir son devoir civique hier au bureau de vote du lycée Mamadou Sarr dans le quartier populaire de Lafiabougou, en commune IV du district de Bamako. L’impression présidentielle ne peut être démentie au regard de la ferveur et l’engouement sans précédent dont ont fait montre les Maliens en cette journée dominicale devant les bureaux de vote du pays dès l’ouverture du scrutin à 8 heures jusqu’à la fermeture à 18 heures. Les longues files devant les bureaux de vote étaient assez révélatrice de cette ferveur électorale qui s’est spontanément emparée des électeurs maliens. Les milliers d’observateurs nationaux et internationaux déployés à travers le pays ne pouvaient agréablement qu’être surpris par la démonstration de force des Maliens.
Le Mali est donc parti pour réaliser le meilleur taux de participation à une élection depuis son indépendance en 1960, aussi surprenant que cela puisse paraître dans un contexte de crise. Du coup Les Maliens ont fait mentir du coup les oiseaux de mauvais augure et autres Cassandre qui parlaient d’un scrutin précipité, de tous les dangers. Et ont fait un pied de nez aux jihadistes du Mouvement pour l’unicité du jihad en Afrique de l’ouest(Mujao) qui avaient menacé de frapper dans les bureaux de vote.
Pari tenu donc par les autorités de transition qui ont mis un point d’honneur en réussissant un scrutin calme et sans incident et apprécié de tous. Défi relevé par les Maliens par la mobilisation extraordinaire d’hier qui traduit, au-delà des apparences, la volonté de prendre leur en main en élisant un président qui réponde à leurs aspirations profondes. Bref le Mali montre ainsi, si besoin est, qu’il peut tel phœnix renaître de ses cendres après avoir été fortement ébranlé par une crise sans précédent. Les résultats seront connus officiellement le vendredi. Nous osons espérer que les candidats en lice paieront leur écot en acceptant les résultats sortis des urnes conformément à l’esprit du code de bonne conduite signé par la plupart d’entre eux. En tout cas la réussite du processus électoral passera par cela.
NB: Cet article a été rédigé au lendemain de la tenue du premier de la présidentielle du 28 juillet 2013
samedi 22 juin 2013
Crise au Mali : La saga malienne
Depuis le début de la crise malienne, le pays est devenu champion des faits dont le burlesque le dispute à la révolte. A force de voir dérouler cette saga des faits rocambolesques, les Maliens s’y sont habitués au point d’être quasiment blasés. Sans doute l’épisode phare de cette saga malienne est l’agression du président intérimaire, Dioncounda Traoré, jusque dans son bureau de la Présidence. Une première mondiale dont le record sera difficilement battue dans ce monde moderne. A l’époque, les historiens ont cherché vainement dans les livres d’histoire un précédent.
Autre épisode non moins important de la saga, c’est la démission forcée de l’ancien premier ministre Cheick Modibo Diarra. Martien qu’il est, l’homme aimait les randonnées aériennes jusqu’au jour où il en a été empêché car, jugé trop aérien et oublieux des promesses terrestres. La saga à la malienne a eu son épisode de tragi-comédie qui a laissé pantois plus d’un. Il s’agit des affrontements mortels être frères d’armes prosaïquement appelés la guerre des bérets. Une guerre entre les nostalgiques du général ATT et les partisans du nouvel ordre.
Rapporteurs fidèles de la saga malienne, les journalistes en ont eu pour leur grade. Ceux qui se gargarisaient d’être à l’avant-garde de la démocratie au Mali ont dû réaliser que leur liberté d’expression s’arrête, comme l’a ironisé l’humoriste Mamane de Rfi, là où commence la répression des autres. Abdrahamane Kéita, Saouti Haidara ou Boukary Daou en ont appris à leurs dépens.
Le ministre de la Fonction publique qui a bandé ses muscles a été vite remis à sa place dans la saga. Après avoir courageusement débarrassé la fonction publique d’une partie de ses ordures l’a reçue en plein visage tel un boomerang. Les revenants ont même fêté leur retour en faisant des libations pour montrer leur puissance face à leur bourreau. Lequel n’avait plus qu’à se rendre à l’évidence : changer est un crime de lèse-magouilleurs, tricheurs ou corrupteurs.
Dernier épisode de la saga, c’est la sortie ratée du contingent ‘’Waraba ‘’ du nom des militaires maliens en formation à Koulikoro sous l’égide de l’Union européenne. Pris par une subite cupidité, les soldats ont superbement oublié que la discipline fait la principale force des armées.
Faute d’avoir perçu une prime et un galon, ils ont préféré boycotter la cérémonie de sortie le samedi dernier. Saga malienne, suite mais pas fin. Pour voir tous les épisodes passés ou les prochains, connectez-vous sur le Mali.
vendredi 21 juin 2013
Accord préliminaire de Ouagadougou : Mi-figue, mi-raisin pour le Mali
Après onze jours de négociations, l’accord tant attendu est signé par le gouvernement de Transition du Mali et les groupes armés du nord du pays hier à Ouagadougou, dans la capitale burkinabé. Moussa Sinko Coulibaly, ministre malien de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire pour le gouvernement, Bilal Ag Chérif du Mouvement national de libération de l’Azawad(MNLA)et Alghabas Ag Intalla pour le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) ont paraphé l’accord.
Appelé « Accord préliminaire à l’élection présidentielle et aux pourparlers inclusifs de paix au Mali », il vaut son pesant de 12 pages et de 25 articles. Comme le titre l’indique si bien, le chemin est désormais plus que jamais balisé pour la tenue de la présidentielle à la date indiquée, c'est-à-dire le 28juillet prochain. Sans oublier le second round des négociations censé avoir lieu avec les autorités légitimement élues. La signature de l’accord ne suscite pas pour le moment de réactions particulières chez les Maliens qui suivaient de près le déroulé des événements. A priori on ne crache pas sur l’accord tout comme l’on ne crie pas au triomphalisme.
Toutefois, il est supposé accorder la faveur au Mali. Difficile de dire le contraire quand on sait qu’il va permettre le déploiement de l’Administration, des militaires maliens et des services sociaux de base à Kidal dans la perspective de l’organisation des élections. Autre point à mettre à l’actif des autorités de Transition, c’est le désarmement des groupements armés dont la première étape demeure le cantonnement des éléments desdits groupes. Il importe de souligner que l’accord d’hier fait un black-out sur la suspension des poursuites judicaires lancées contre du Mnla. Voilà des points sur lesquels le commun des Maliens tenait à la prunelle et ne voulait point transiger. Des bémols cependant : la présence du Mnla dans la commission mixte chargé de l’élaboration du calendrier pour le retour de l’Administration et l’armée au nord, le désarmement qui ne sera pas immédiat ainsi que le maintien du nom Azawad.
On peut bien dire que la bataille des négociations a tourné à l’avantage des nôtres, donc au bénéfice des autorités de Transition qui ont su écouter la voix du peuple. Elles ont accepté le compromis pour le Mali et refuser la compromission pour sauvegarder l’honneur du pays de Soundjata . Certes. Mais la guerre est loin d’être gagnée. Elle sera menée par les nouvelles autorités issues des élections à venir. Celles-ci doivent s’employer à éclaircir davantage quelques points acceptés par le gouvernement au non d’un modus vivendi. Il s’agit entre autres des points contenus dans l’article 21 de l’accord, relatifs à « l’organisation administrative et institutionnelle du Mali, en particulier des régions du nord du Mali désignées par certains sous le terme de l’Azawad » ou « la réorganisation des forces de défense et de sécurité ainsi que le programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion socioéconomique(DDR) des groupes armés du nord du Mali »
lundi 10 juin 2013
4ème journée des éliminatoires Mondial 2014 : Occasion ratée pour les Aigles
Mauvaise opération pour les Aigles du Mali. Le onze national a raté l’occasion, hier au stade du 26 mars de Yirimadio, de conforter sa position dans la course pour la qualification du mondial brésilien de l’année prochaine. Le Mali laisse ainsi l’occasion à l’Algérie, après sa victoire sur le Benin à Cotonou, d’occuper le fauteuil de leader du groupe et prendre une option sérieuse pour la qualification.
Le mot d’ordre était clair au départ de la rencontre : faux pas interdit. Un challenge qui était loin d’être d’une gageure pour Seydou Kéita et ses coéquipiers en recevant une équipe qu’ils avaient battue à domicile en mars dernier sur le score de 2-1. Malheureusement, le troisième africain a trébuché face au petit poucet rwandais qui retourne avec un point précieux aux allures de victoire. Le match a pourtant démarré tambour battant pour les Maliens qui ont assiégé le camp rwandais. Les nôtres s’offriront toute une ribambelle d’occasions sans en concrétiser une seule. Aux 5ème, 17ème et 22ème minutes, les attaquants maliens ratent l’occasion d’ouvrir le score. Un exploit qui sera réussi par les visiteurs à la 32ème contre toute attente. Profitant d’une bourde monumentale du défenseur malien, Mamadou N’Diaye, le capitaine rwandais, Kagéré Médié, bat le portier malien Soumbeyla Diakité. Après ce but, les rwandais se regroupent dans leur camp, suffisant pour conserver leur avantage jusqu’à la mi-temps.
A la reprise, les Aigles vont jeter toutes leurs forces dans la balance. Les joueurs maliens multiplieront les assauts mais buteront toujours sur les rwandais presque tous retranchés dans leur camp. Même l’expulsion d’un des leurs à la 64ème minute ne leur fera pas baisser la garde. Mais c’était compter sans la détermination des nôtres. L’intégration de Mana Démbélé à la place de Samba Sow a donné du tonus au jeu malien. Pour sa première sotie sous les couleurs du Mali, il a marqué les esprits des supporters maliens. En effet c’est Mana Dembélé qui a offert la balle de l’égalisation à Mamadou NDiaye qui, d’un coup de tête rageur, se rachète en propulsant cuir au fond du filet rwandais.
La première sortie des Aigles après le départ de l’ancien entraineur Patrice Carteron, aura laissé plus d’un supporter sur sa faim. Les protégés du nouvel entraineur, Vieux Pathé Diallo, ont étalé beaucoup de lacunes. Des lacunes qui seront peut-être corrigées lors de leur prochaine sortie le dimanche à domicile face au Bénin comptant pour la 5ème journée des éliminatoires.
Absence des militaires maliens à Kidal : Les Maliens entre confusion et exaspération
Vive le président ! A bas le président ! Dans un morceau célèbre, l’emblématique reggae man ivoirien, Alpha Blondy, dénonçait ainsi dans les années 80 la versatilité des masses populaires qui ont ce pouvoir de porter un homme politique sur un piédestal avant de provoquer sa chute. Voilà aujourd’hui ce à quoi la situation de la France ressemble au Mali. Adulée par une bonne partie des Maliens pour son intervention salvatrice, la France perd de sa superbe au Mali en raison de la situation à Kidal. Les militaires maliens sont toujours bloqués toujours aux portes de Kidal par la France. La région demeure sous le contrôle du Mouvement national de libération de l’Azawad(MNLA) qui reste allergique à toute idée de présence des militaires maliens. La France a voulu et obtenu presque au forceps l’organisation de l’élection présidentielle le 28 juillet prochain. Elle propose l’organisation du scrutin à Kidal sous le contrôle des militaires français. Il n’en fallait pas plus pour provoquer l’ire des Maliens, réduits à se demander sur l’intention réelle de l’ancienne métropole qu’ils soupçonnent de flirter avec les indépendantistes. L’absence de nos soldats à Kidal est perçue comme une entrave à la souveraineté nationale et traduirait, si ça se confirme, la partition de fait du pays.
Le voyage du ministre français des Affaires étrangères était attendu par les Maliens pour résoudre cette équation. Hélas Laurent Fabuis, a manié une fois de plus le langage sibyllin comme en bon diplomate. Au lieu de déclarations claires, il s’est borné à rabâcher les mêmes mots : « les élections vont se dérouler partout au Mali. Pour la France, il est évident qu’il ne peut pas y avoir deux armées dans un même pays. Les dispositions seront prises pour qu’à Kidal, on puisse voter comme partout ailleurs ». Commentaire d’un homme politique « il est venu pour divertir. Il est venu pour dire ce qu’on avait déjà entendu. Rien de concret qui touche aux aspirations des Maliens. On veut voir nos militiares à Kidal, c’est tout. ». Les assurances de Dioncounda Traoré, selon lesquelles les militaires et l’administration seront à Kidal avant le 1èr tour du scrutin, laissent perplexes des Maliens qui le trouvent téléguider par l’Hexagone. Les propos présidentiels sont d’autant moins pris au sérieux qu’ils interviennent après les assurances du ministre de la Défense et Anciens combattant, le Gal Yamoussa CAMARA. Celui-ci avait déclaré péremptoirement devant l’Assemblée nationale que nos militaires seront à Kidal au plus tard le 15 mai. Jusqu’à présent les militaires, aux lisières de la région, n’ont pas bougé d’un iota et aucune information ne filtre sur la promesse non-tenue du ministre. Place donc aux rumeurs qui exacerbent du coup le sentiment de colère et d’exaspération de beaucoup de compatriotes. Dans leur écrasante majorité, ils pensent que le pays de François Hollande est en train de dévier de son chemin à savoir stopper les jihadistes et aider le Mali à retrouver son intégrité territoriale. Pour eux, le deuxième point ne saurait se réaliser tant que le contrôle d’une portion du pays échappe aux forces de défense maliennes. Face à la situation, voici le commentaire d’un professeur d’histoire et géographie : « J’ai toujours dit au moment de son intervention au Mali que la France avait un agenda caché. C’est maintenant que le masque tombe. Il n’y aucune raison que nos militaires ne puissent être à Kidal avec l’administration, faute de quoi il ne doit pas avoir d’élection le 28 juillet. Il y a un deal entre la France et le MNLA » Plus alarmiste, Amadou Coulibaly, commerçant pense à un complot entre la France et MNLA contre le Mali. Il appelle les Maliens à se mobiliser pour dire non aux élections sans la présence des militaires à Kidal.
MNLA : Le pas de trop
Encore le Mnla fait parler de lui. Après avoir bu le calice jusqu’à la lie suite à la chasse dont il a fait l’objet, en juin 2012, par ceux-là mêmes avec qui il avait pactisé contre le Mali (le Mujao), le groupe indépendantiste se remet en scelle. Ce, en faisant de Kidal sa base privée, disons sa chasse gardée. En effet avant l’intervention française, le groupe n’était que l’ombre de lui-même, seuls les groupes islamistes Ançar dine et Mujao dictaient leur loi au nord du Mali. Curieusement après la déroute de ces groupes, le Mnla s’est retrouvé par extraordinaire maître de Kidal. Comment ? La question vaut la peine d’être posée et mérite une réponse sans ambigüité.
Le retour en grâce du Mnla n’est pas sans intriguer les Maliens qui se demandent pourquoi un groupe de bandits, loin d’être représentatifs des Touarègues, peut se payer le luxe d’occuper une partie du pays et avoir l’outrecuidance d’interdire son accès aux militaires. Et se perdre en élucubrations sur fond de propagandes sur les chaînes internationales dont surtout RFI et France 24. Il n’y a pas de fumée sans feu, dit-on. Quel est donc ce feu qui a donné la fumée Mnla ? Sans hésiter, beaucoup de Maliens désignent la France qui a bloqué les militaires maliens aux portes de Kidal après les succès de Tombouctou et de Gao. L’absence d’une position claire française et sa volonté de sécuriser les élections par des militaires français le cas échant, ont fini de convaincre les Maliens sur une espèce de duplicité du pays de François Hollande.
En plus d’interdire l’accès de Kidal aux militaires maliens, le Mnla a le toupet de commettre, depuis quelques jours, des exactions à l’encontre d’autres Maliens. Comble de l’audace, ils ont à arrêter des Maliens sur leur propre territoire sous prétexte qu’ils sont espions à la solde du Mali. Une attitude pour le moins révoltante et provocatrice. Mais curieusement qui laisse de marbre une certaine opinion internationale prompte à pousser des cris d’orfraies pour dénoncer de prétendues exactions des militaires maliens. Pour combien de temps, va-t-on rester des spectateurs des pantalonnades ? A tirer sur la queue de l’âne, il y a des limites. Trouver vite une réponse à cette question éviterait d’ouvrir la boîte de Pandore. Les amis, soutiens et autres parrains du Mnla sont avertis !
Niambaly : Retour gagnant des jeunes orpailleurs
Niambaly est un hameau situé dans la commune de Siby. En ce jeudi 30 mai, il respire la bonne humeur après avoir été arrosé par une pluie abondante la veille. De bon augure pour le mariage qui sera bientôt célébré au village et qui unira pour le meilleur et le pire une jeune fille d’un village voisin et un jeune émigré en Libye. Pour l’occasion le petit village de près de 300 âmes, retrouve l’ambiance des grands jours avec l’arrivée des ses ressortissants de Bamako pour la circonstance. Et surtout le retour remarqué ici de certains jeunes des sites d’orpaillage. Ceux-ci ne passent pas inaperçus. Ils étrennent leurs beaux habits achetés dans la capitale. Finamory Camara fait partie des dizaines de jeunes formant le contingent du village sur les sites d’orpaillage. Agé de 18 ans, il revient fraichement du site d’orpaillage de Dialafara, dans la région de Kayes. Il y a passé plus de trois mois. Le pactole récolté par l’adolescent, lui aura permis de permis d’épauler financièrement ses parents et de régler beaucoup d’autres besoins dans la perspective de son mariage futur. Sur son retour, il l’estime volontaire et indique qu’il procède de la volonté d’aider les parents dans les travaux champêtres à l’approche de l’hivernage. « Dieu merci, j’ai gagné assez d’argent malgré mon court séjour. Ainsi j’ai pu aider les parents à faire face à la recherche face à la période de soudure. ». Cette relative réussite a aiguisé les appétits de Finamory envisage de retourner juste après la campagne hivernale. Son père, Soumaila Camara, ne cache pas sa fierté pour son enfant qui « lui aura été d’un appui inestimable cette année ».
De deux ans le cadet de Finamory, Sékou Camara travaillait dans le site d’orpaillage de Woro toujours dans la région de Kayes. Parti un peu plus tôt que son frère du village, il avoue réaliser de bonnes affaires sans être disert sur ce qu’il réellement gagné. Il place lui aussi son come-back au village sous le signe du respect d’une tradition qui consiste, à ses dires, à aider la communauté à travailler la terre. Naturellement, il est loin de réfuter l’idée d’une nouvelle aventure à l’issue de l’hivernage.
A l’instar des deux ados, les autres jeunes affichent aussi une satisfaction et sont loin de regretter leur aventure. Les discussions autour du thé s’articulent aussi autour des huit jeunes du village qui ont préféré prolongé leur bail avec les sites d’orpaillage. Aux dernières nouvelles, ils comptent y rester pour gagner plus en attendant d’aller tenter leur chance à l’extérieur. Un avis diversement apprécié qui alimentera sans doute pendant quelques jours encore les débats au village.
Niambaly : Retour gagnant des jeunes orpailleurs
Niambaly est un hameau situé dans la commune de Siby. En ce jeudi 30 mai, il respire la bonne humeur après avoir été arrosé par une pluie abondante la veille. De bon augure pour le mariage qui sera bientôt célébré au village et qui unira pour le meilleur et le pire une jeune fille d’un village voisin et un jeune émigré en Libye. Pour l’occasion le petit village de près de 300 âmes, retrouve l’ambiance des grands jours avec l’arrivée des ses ressortissants de Bamako pour la circonstance. Et surtout le retour remarqué ici de certains jeunes des sites d’orpaillage. Ceux-ci ne passent pas inaperçus. Ils étrennent leurs beaux habits achetés dans la capitale. Finamory Camara fait partie des dizaines de jeunes formant le contingent du village sur les sites d’orpaillage. Agé de 18 ans, il revient fraichement du site d’orpaillage de Dialafara, dans la région de Kayes. Il y a passé plus de trois mois. Le pactole récolté par l’adolescent, lui aura permis de permis d’épauler financièrement ses parents et de régler beaucoup d’autres besoins dans la perspective de son mariage futur. Sur son retour, il l’estime volontaire et indique qu’il procède de la volonté d’aider les parents dans les travaux champêtres à l’approche de l’hivernage. « Dieu merci, j’ai gagné assez d’argent malgré mon court séjour. Ainsi j’ai pu aider les parents à faire face à la recherche face à la période de soudure. ». Cette relative réussite a aiguisé les appétits de Finamory envisage de retourner juste après la campagne hivernale. Son père, Soumaila Camara, ne cache pas sa fierté pour son enfant qui « lui aura été d’un appui inestimable cette année ».
De deux ans le cadet de Finamory, Sékou Camara travaillait dans le site d’orpaillage de Woro toujours dans la région de Kayes. Parti un peu plus tôt que son frère du village, il avoue réaliser de bonnes affaires sans être disert sur ce qu’il réellement gagné. Il place lui aussi son come-back au village sous le signe du respect d’une tradition qui consiste, à ses dires, à aider la communauté à travailler la terre. Naturellement, il est loin de réfuter l’idée d’une nouvelle aventure à l’issue de l’hivernage.
A l’instar des deux ados, les autres jeunes affichent aussi une satisfaction et sont loin de regretter leur aventure. Les discussions autour du thé s’articulent aussi autour des huit jeunes du village qui ont préféré prolongé leur bail avec les sites d’orpaillage. Aux dernières nouvelles, ils comptent y rester pour gagner plus en attendant d’aller tenter leur chance à l’extérieur. Un avis diversement apprécié qui alimentera sans doute pendant quelques jours encore les débats au village.
vendredi 1 mars 2013
Youssouf Camara, photographe dans l’âme…
Youssouf Camara est un self-made-man qui a bâti sa notoriété sur la magie des flashes…Même si pour l'heure, la crise affecte son travail.
Entre Youssouf Camara et la photographie, c’est une longue histoire d’amour. Elle commence pourtant de façon anecdotique au début des années 80. Son père, commerçant de colas à l’époque, de retour de Dakar lui offre un appareil photographique amateur 110. Séduit par ce bijou auquel il tenait comme à la prunelle de ses yeux, le petit Youssouf commence à faire des photos de ses collègues de l’école coranique et des voisins. Pour toute récompense, le futur grand photographe ne demandait que les frais de développement et de tirage. Il a fallu attendre 1989 pour que le natif de Djicoroni-Para Dontomé 2 se résolve à acheter son premier appareil photo professionnel de marque Zénith E à 65 000 F CFA. Commence ainsi une carrière professionnelle à l’occasion des cérémonies de baptême, de mariage, des arrosages des examens et concours. Devant le succès relatif, il acheta un deuxième appareil Konica. Un talent en miniature était né contre l’avis de son défunt père pour qui la photographie était un métier de fainéants.
© journaldumali.com
Youssouf Camara, quadragénaire, la photo comme passion...
Un talent caché
Un talent que Fakourou Kéita, photographe très connu à Djicoroni-Para, détecte en 1990 avant de solliciter ses services dans son studio contre une rémunération de 1500 FCFA par jour. « Une fois, mon patron m’a confié le studio pour effectuer un voyage d’une semaine. A son retour je lui ai remis 30 000CFA pour les cartes d’identité et 16 000 CFA pour les photos de grand format », se souvient celui qui va souffler sa 41ème bougie le 25 mars prochain. Vite déçu par l’attitude de Fakourou Kéita qui ne parvenait pas à honorer ses engagements, Youssouf Camara rompt avec lui en 1991, et décide de travailler à son propre compte après l’achat d’un nouvel appareil Canon. Très vite, il va prendre du galon et s’imposer dans le quartier et ses environs. En 1995, il décide d’ajouter une autre corde à son arc en achetant une caméra pour filmer les cérémonies populaires. Le jeune photographe ne tardera pas à récolter les fruits de son abnégation et son sérieux dans le travail. En prime, un studio de photo, en 2002, sur la route latéritique de l’ex Usine céramique du Mali(UCEMA), qui draine des foules, surtout lors des fêtes de fin d’année (Noël et Saint-Sylvestre) et les fêtes musulmanes (fête du Ramadan et la Tabaski).
Et vla le studio Issouba
Le studio ‘’Issouba’’ emploie 4 à 5 apprentis qui y gagnent bien leur vie. Parmi eux, figure Moussa Konaté qui loue les qualités professionnelles et humaines de son patron qui, selon lui, pourrait mieux faire avec un peu plus d’organisation. Un sentiment partagé par nombre de ses amis qui lui reprochent souvent de ne pas ménager sa monture pour progresser . Quant aux clients interrogés, ils s’accordent à reconnaître le professionnalisme du photographe.
Le métier de photographe nourrit-il son homme ? Youssouf Camara répond avec fierté : « Depuis 1994, je prends en charge ma famille de près d’une vingtaine de membres. En plus de cela, j’ai pu m’acheter deux terrains à usage d’habitation ». Marié depuis 2005 et père aujourd’hui de deux filles et d’un garçon, Issouba ou Eric pour les intimes gagne en moyenne 5000 FCFA par jour et 200 000 FCFA par mois. Ambitieux, le photographe s’était momentanément essayé, en 1996 en Côte d’ivoire au commerce de colas avant de revenir à ses premières amours.
A l’ère du numérique…
L’arrivée du numérique ne semble guère inquiéter notre quadragénaire, qui affirme bien tirer son épingle du jeu malgré l’influence des nouvelles technologie. Cependant il reconnaît être un peu secoué par l’Etat d’urgence. « A cause de cette mesure, les festivités sont réduites au strict minimum. On a fait plus de semaines sans le moindre le reportage », dit-il avec un brin de regret. Naturellement M. Camara aura connu des frustrations dans sa carrière liées essentiellement à l’insolvabilité de certains clients proches. Sa satisfaction aura été, entre autres, de côtoyer des personnalités de la République, les grands photographes du pays de la trempe de Malick Sidibé. Pour couronner sa carrière de photographe, Youssouf Camara ambitionne de créer un laboratoire photo. « Je suis au stade des études de faisabilité. Je compte mettre tous les atouts de mon côté pour réaliser ce laboratoire », conclut-il avec une forte conviction.
lundi 17 décembre 2012
De la Nasa à Kati, la chute de Cheick Modibo Diarra
De la planète Mars à la planète Terre, la chute aura été rapide et surtout brutale pour le désormais ancien premier ministre, Cheick Modibo Diarra. L’astrophysicien a dû présenter sa démission ainsi que celle de son équipe dans la nuit du lundi dernier après avoir été arrêté par des militaires sur ordre du capitaine Sanogo. Ironie du l’histoire, M. Diarra est contraint à démissionner par ceux la même qui l’ont mis sur le piédestal après le coup d’Etat du 22 mars.
L’homme cristallisait à lui seul toutes les critiques, même de celles de ceux qui lui vouaient estime et admiration. En quelques mois à la primature, il a progressivement dilapidé son capital sympathie. On lui a reproché de s’être emmurer dans sa tour d’ivoire avec gestion en solo des affaires. Conséquence, il est devenu la tête de Turc d’une bonne partie de l’opinion nationale, voire internationale. Comme l’attestent les propos du capitaine Sanogo ce mardi à la télévision nationale, selon lesquels, Cheick Modibo Diarra « n’avait aucun égard pour le peuple, ne reconnait pas l’autorité du président de la République, voyage sans rendre de compte à personne». Selon le chef de l’ex-junte, beaucoup de Maliens se sont rendus à Kati, où se trouve ses quartiers, pour exprimer leur ras-le -bol face aux errements de l’ex- PM. C’est le cas du groupe Yèrèwolo ton qui, selon des indiscrétions, lui en voulait à mort ces derniers jours tout comme le collectif des patriotes qui était, avec d’autres regroupements comme les commerçants détaillants de la tendance Jeamile Bittar, à l’aéroport de Bamako-Sénou le lundi dernier pour l’empêcher de voyager. « Cheick Modibo Diarra voulait fuir. Les Américains ont filé beaucoup d’informations à Kati sur ses manœuvres malsaines », affirme sur un ton amer, un responsable du collectif des patriotes, très introduit auprès des militaires. Les organisations pro putsch sont restées de marbre après sa démission. Un signe sans doute révélateur de leur divorce d’avec l’ancien premier ministre de « pleins pouvoirs ».
Le fait que Cheick Modibo Diarra n’ait pas entrepris cette démarche de plein gré n’a apparemment eu aucun impact négatif sur la suite des événements. Les Maliens ont paisiblement vaqué à leurs occupations depuis 48heures sans que personne ne s’exprime réellement contre ce départ forcé. A l’international également, la démission de M. Diarra n’a pas semblé émouvoir outre mesure. La France, les Etats-Unis, l’Union africaine etc. ont implicitement exprimé leur satisfaction à travers des déclarations de principe tout en condamnant la manière. La CEDEAO, par exemple qui n’était pas en de très bons termes avec l’homme de la Nasa. L’organisation sous-régionale, à l’issue de son dernier sommet à Abuja, avait réitéré dans ses recommandations l’interdiction faite aux dirigeants de la transition de se présenter à l’élection présidentielle à venir. Un avertissement à peine voilé à Cheick Modibo Diarra qui avait affiché ses ambitions.
Ainsi se referme sur un échec la première manche sur terre pour Cheick Modibo Diarra. Jouera-t-il une seconde manche pour sauver la face ?
samedi 17 novembre 2012
Billet : Le Mali de N’Golo...
Ah Maliba ! Ainsi s’exclamait l’autre jour N’Golo, étonné qu’il est, des signes d’espoir et des réussites que le pays engrange en dépit de la crise.
Le bonhomme était pris d’un un terrible vague à l’âme depuis le 22 mars, date de l’effondrement de la démocratie malienne. Aucune bonne parole ne le consolait, aucune rhétorique ne parvenait à le convaincre, même les succulents mets et les câlineries de sa plus jeune femme n’ont pas réussi à le remettre d’aplomb. La famille craignait fort qu’il ne soit terrassé par un infarctus du myocarde tant son cœur se pinçait à mesure que le Mali déroulait de feuilleton des péripéties de sa crise...
[b Depuis la semaine, le fiel du Bamanan se réduit commune peau de chagrin. Et les raisons n’ont pas manqué. L’autre jour, le vieux N’Golo, qui prenait une détente cathodique, n’a pu s’empêcher de jeter un ouf de soulagement lorsque le présentateur du journal télévisé 20h a annoncé l‘inauguration d’une sucrerie d’une capacité de production de 104 000 tonnes par an, à Mbéwani, dans la région de Ségou. Tout comme il a jubilé le dimanche dernier pour saluer la prouesse du Djoliba AC pour sa brillante qualification en finale de la coupe de la Confédération africaine de football(CAF).
[B Last but not least, ] N’Golo a accueilli la semaine dernière avec des larmes de joie la nouvelle de l’admission de son fils, médecin de son état, au 16ème concours d’agrégation du CAMES au Gabon marqué par le 100% des six candidats maliens. Inutile de souligner le baume qui a envahi le cœur du vieux nostalgique des pages glorieuses du Mali après l’engagement des chefs d’Etat de la Cédéao à envoyer des forces libérer le Nord et restaurer la dignité du Malien. Et notre vieillard d’entonner une vieille chanson selon laquelle le bateau Mali tangue mais ne chavire jamais. Un secret espoir que plus d’un Malien nourrit avec N’Golo…
jeudi 8 novembre 2012
Mali : En avant pour la guerre qui met fin à la guerre !
Aujourd’hui rien ne doit dévier le Mali d’une option militaire pour libérer ses régions septentrionales. Surtout pas un simulacre de dialogue avec Ançar Dine.
La guerre qui met fin à la guerre. Voici la formule utilisée par le Premier de transition, Cheick Modibo Diarra, dans une de ses envolées lyriques sur la crise du pays. Elle doit être à présent réchauffée et mise en pratique. Le contexte s’y prête d’autant plus que notre pays fait aujourd’hui l’objet d’une mobilisation tous azimuts pour la libération des régions sous le joug des islamistes. Une récente rencontre à Bamako des experts internationaux pour planifier une intervention militaire a permis de préciser davantage l’imminence d’une guerre inévitable. Mieux elle a permis de savoir que la crise, si elle est malienne, doit mobiliser même au delà du continent. Ainsi, selon les experts internationaux, des troupes non-africaines pour les opérations aériennes sont nécessaires dans la perspective d’une intervention militaire.
Plus que jamais, le Mali doit prendre le tempo en s’inscrivant résolument dans cette dynamique de guerre. C’est une occasion à saisir par l’armée malienne pour laver l’affront subi lors de la chute des trois régions et surtout de sortir de son « repli tactique » qui n’aura que trop duré.
Plus question de se laisser divertir par une quelconque idée de dialogue. L’heure n’est pas du tout au dialogue fût-il sous l’égide du zélé médiateur de la Cédéao, le président burkinabé, Blaise Compaoré. En tout cas pas avec à des islamistes qui ont humilié, par des pratiques et des comportements d’une autre époque, le pays le réduisant à la risée du monde entier. Il ne faut donc pas tomber naïvement dans le traquenard des islamistes. En effet, les fous de Dieu sentent le roussi et ont la trouille à l’idée d’une intervention militaire imminente, c’est pourquoi ils n’ont pas hésité à sauter dans l’avion envoyé par le Burkina pour discuter avec Bassolé et Compaoré. Ils donnent ainsi le change en se montrant favorable pour le dialogue et une déconnexion avec Aqmi.
Diversion ?
Ançar Dine veut ainsi surfer sur la vague de manœuvres dilatoires et des faux- fuyants pour desserrer l’étau qui va bientôt l’anéantir. Accepter ce dialogue avec le mouvement lui offrirait le temps de se préparer avant de porter un autre coup de poignard dans le dos du peuple malien. Une chose est claire, Ançar Dine n’est ni plus ni moins qu’un avatar d’Aqmi, et à ce titre il agit avec sa bénédiction pour les besoins d’un prosélytisme islamiste. Une rupture d’avec Aqmi paraît dès lors comme une gageure pour le groupe islamiste. C’est ce qui explique son obstination et son intransigeance pour l’application de la charia comme condition préalable à une ‘’collaboration’’ avec le Mali.
Cette prétendue ouverture au dialogue sur le tard du groupe islamiste n’est pas sans rappeler la diversion du mouvement indépendantiste MNLA qui, pour des raisons inavouées, revoyait sa pâle copie en renonçant à l’indépendance pour l’autodétermination.
Le Mali a été poussé à la guerre par les islamistes en dépit des appels au bon sens. L’heure de la guerre est arrivée. En avant donc pour la guerre qui met fin à la guerre. Pour l’honneur du pays de Soundjata Kéita !
mercredi 24 octobre 2012
Billet : Tabaski 2012, au nom du bélier
C’est le vendredi prochain que la communauté musulmane va célébrer l’Aïd -el- Kebir, prosaïquement appelé la fête des moutons. La semaine pourrait bien s’appeler la semaine du mouton. Difficile d’être chef de famille à cette approche de la fête. Surtout par ces temps de crise où la conjoncture est jugée difficile par les surenchères de toutes sortes. Loin s’en faut. En effet Le challenge est grand pour les chefs de famille : il faut perpétuer le sacrifice d’Abraham pour témoigner sa bonne foi au bon Dieu. A cet exercice, chacun y va de sa manière. D’aucuns le font pour se rapprocher davantage de Dieu. D’autres par snobisme cherchent le plus gros et gras mouton de la rue ou du quartier pour se faire remarquer. Pourtant les préceptes coraniques sont clairs : il n’est guère fait obligation à un fidèle qui n’a pas les moyens.
Pris en sandwich par les femmes qui réclament à cors et à cris l’argent pour les habits de fête des enfants et ces derniers qui attendent impatiemment le mouton de fête pour relever la tête face à leurs amis du coin qui s’affichent ostensiblement avec leur beau bélier. Il faut faire feu de tout bois pour satisfaire les desiderata de sa famille.
C’est le cas Mamadou, un de ces Maliens moyens qui arpentent les rues et quartiers à la recherche de la pitance quotidienne. Le pauvre ne dort presque pas depuis quelques jours, obnubilé qu’il est, par l’idée d’acheter l’animal de sacrifice. Pas besoin de réveil, il s’arrache de son lit aux aurores de lui-même. Une fois dans la rue, comme un fou, il s’engage dans un soliloque en vue de tracer tous les plans possibles pour arriver à sa fin. A la vue des béliers si proches mais si loin, il devient furax contre les vendeurs de moutons qui écument les marchés et les quartiers de la capitale. Car, maugrée-il, ce sont des cafres qui en rajoutent à la souffrance des gens. Allusion faite par lui au prix toujours élevé des prix nonobstant les efforts du gouvernement. Il dévie autant que faire qu’il peut les chemins qui passent par les marchés à bétail.
Faut-il aller jouer au pickpocket au grand marché en proie un charivari indescriptible ? Faut-il jouer au faux marabout au coin de la rue pour plumer quelques pigeons en quête de formules miraculeuses ? Où faut-il tout simplement aller nuitamment enlever subrepticement dans une famille l’animal de toutes les convoitises ? Autant de questions qui passent par la tête de Mamadou. Comme quoi au nom du mouton de fête, tous les coups sont permis !


04:08
CAMARA M






