mardi 7 janvier 2014

Lutte contre la corruption : IBK à l’assaut d’un gros morceau

Dans son discours à la nation à l’occasion du nouvel an, le président de la République a réitéré sa volonté ferme de lutter contre la corruption. Pour convaincre les compatriotes de sa bonne foi, il n’a pas hésité de décréter 2014 comme année de la lutte contre la corruption. Plus d’un Malien a été séduit et enthousiasmé par la mesure présidentielle. Cependant beaucoup de compatriotes demeurent perplexes quant à sa traduction dans les actes tant ce mal s’est métastasé dans le corps social malien tel un cancer. Si la tâche est certes ardue, elle n’est pas impossible. La hargne, la pugnacité et le sens d’autorité prêtés au président sont autant d’atouts qui militent en sa faveur pour relever le challenge. Le combat présidentiel serait plus aisé à mener s’il bénéficie de l’adhésion du peuple. A ce niveau, rien n’est moins sûr. En effet la pratique de la corruption est bien ancrée dans les mœurs maliennes depuis des décennies. C’est surtout dans l’Administration où le mal est très prononcé. La corruption demeure pour bon nombre d’agents de l’Administration publique le moyen de pouvoir tirer leur épingle devant une situation salariale qui frise la misère. « Aucun fonctionnaire malien ne peut prétendre vivre de son salaire. Tous ces fonctionnaires qui roulent dans des voitures rutilantes et ayant de somptueuses maisons s’adonnent à des pratiques de corruption », tranchait sur le vif il y a quelques années un fonctionnaire malien de catégorie A, réduit à de terribles gymnastiques, à l’instar de la plupart de ses collègues, pour réaliser la prouesse de bouillir la marmite au quotidien comme on le dit prosaïquement. Cette boutade du pauvre fonctionnaire rappelle bien le cas des milliardaires maliens dont des fonctionnaires qui a défrayé la chronique sous le règne d’Alpha Oumar Konaré, lequel avait pourtant aussi montré sa détermination à lutter contre la corruption. Loin de s’ériger en donneur de leçons, la lutte contre la corruption doit aujourd’hui être doit comporter à notre sens des préalables. D’abord, il faut une méthode pédagogique avant toute lutte coercitive ou punitive. Ce qui ne veut pas du tout dire permissivité en la matière. En fait de méthode pédagogique, il s’agira d’engager de nouveau et de façon intensive une campagne de communication et de sensibilisation, à aussi bien des corrupteurs que des corrompus, sur les pertes et le manque à gagner qu’occasionne la corruption au Mali en prenant l’exemple sur les rapports du Vérificateur général ou de la CASCA (Cellule d’appui aux services de contrôle de l’Administration). Ceci amènera sans doute les uns et les autres à comprendre que l’argent volé sur le dos des pauvres contribuables pouvait permettre de créer des dispensaires, des hôpitaux, des écoles des usines et bien d’autres infrastructures de développement. Ceci amènera aussi les citoyens maliens à cesser de cautionner souvent de façon inconsciente les pratiques de corruption. En effet un directeur ou un ministre qui quitte son poste sans faire des réalisations onéreuses et ostentatoires comme l’achat des voitures, la constriction des maisons ou aller en nouvelles noces, il est tout simplement taxé de maudit. Au même moment celui qui pille les caisses de son service, est adulé, voire salué pour sa fulgurante ascension sociale. Même si nul n’est censé ignorer la loi comme pourraient objecter certains, cette méthode aurait le mérite de clouer le bec à ceux qui pourraient se cacher derrière le paravent de l’acharnement, règlements de compte ou autres fallacieux prétextes. Un autre préalable à la lutte contre la corruption demeure sans doute la nécessité absolue de revoir à la hausse les salaires maliens qui ne permettent pas aux bénéficiaires de vivre dignement. Avec des salaires considérés comme des primes, il n’est pas facile de voir disparaître la corruption comme par enchantement. Et c’est bien après cette étape que la machine doit être mise en branle pour traquer les délinquants financiers ainsi que toutes autres personnes s coupables de corruption. Le coup est d’autant plus jouable que le régime IBK a déjà annoncé les couleurs au niveau de la justice par l’inculpation des magistrats, très craints et supposés intouchables, au comportement peu orthodoxe. Ce, après celle du général de corps d’armée, Amadou Haya Sanogo, coupable d’un mauvais calcul pour paraphraser le président IBK. En tout état de cause, l’alerte est donnée, il ne reste plus qu’à souhaiter bon vent au Kenkelentigui !

lundi 9 septembre 2013

Nouveau gouvernement : Un si étrange mélange hétérogène

Fin du suspense. La liste du nouveau gouvernement est connue depuis hier après-midi. Riche de 34 membres, l’équipe de Oumar Tamam Ly est un savant mélange d’anciens et nouveaux ministres. Ils sont 19 ministres à étrenner l’étoffe ministérielle pendant, 7 de la Transition rempilent et 8 reviennent après avoir servi les deux premiers présidents de l’ère démocratique à savoir Alpha Ouamr Konaré et Amadou Toumani Touré. Si la nomination du nouveau premier ministre avait suscité un certain engouement chez les Maliens, cela est loin d’être le cas avec le nouveau gouvernement. L’architecture gouvernementale est, à quelques exceptions près, loin du changement de tête auquel s’attentaient les compatriotes lassés de voir sans discontinuer certains visages dans la gestion des affaires publiques depuis deux décennies. L’argument selon lequel le nouvel attelage gouvernement est chargé d’évacuer les urgences du moment pour baliser le chemin pour la suite d’ci les élections législatives, convainc peu de personnes. Car, estime-t-on, il y a beaucoup d’hommes et de femmes de valeur inconnus jusque-là qui pouvaient bien faire valoir leurs compétences. Et l’on ne peut pas avoir la prétention de faire du nouveau avec du vieux. Concernant les ministres rescapés de la Transition, si le maintien des ministres Moussa Sinko Coulibaly(Administration territoriale, de la Décentralisation et de Collectivités locales) et Tiéman Hubert Coulibaly( Domaines de l’Etat et des Affaires foncières) peut être apprécié pour les résultats engrangés par ces personnalités, l’on comprend difficilement qu’on ait fait les yeux doux à d’autres qui n’ont manifestement rien réalisé de particulier sous la gouvernance transitoire. Contre toute attente on a trouvé des moyens de se débarrasser des gens qui ont pourtant convaincu tout le Mali sur leur compétence et intégrité morale. Parmi ceux-ci, il convient de citer Malick Coulibaly et Tiénan Coulibaly, respectivement anciens ministres de la Justice, garde des Sceaux et ministre du de l’Economie, des Finances et du Budget ensuite ministre du commerce. A la décharge du nouveau pouvoir, les revenants ont, pour la plupart donné de bonnes impressions lors de leur passage dans le gouvernement et jouissent d’une compétence avérée dans la gestion. C’est cas par exemple de l’actuelle titulaire du ministère de l’Economie et des Finances et ancienne ministre des domaines de l’Etat, des affaires foncières et de la Communication sous Alpha, Mme Bouaré Fily Sissoko qui continue de faires ses preuves dans l’institution internationale comme la Banque mondiale. Par contre le retour de Moustapha Dicko dans le gouvernant en qualité de ministre de l’Enseignement supérieur laisse perplexe plus d’un. Les deux passages qu’il a faits sous Alpha Oumar Konaré à la tête de l’éducation n’ont produit que des résultats très peu convaincants. L’arrivée de jeunes ministres à l’image du maire de la commune IV du district de Bamako Moussa Mara, à l’Urbanisme et de la politique de la ville ainsi que Mahamane Baby à l’emploi et à la formation professionnelle est un signal fort. Tout comme la décision de dédier tout un ministère à la à la Réconciliation nationale et du développement et des Régions du Nord

Mali : Aidez le soldat IBK !

Tapis rouge pour IBK. Demain mercredi, le tout nouveau président malien Ibrahim Boubacar Kéïta prendra officiellement fonction après sa prestation de serment. L’home entame son magistère avec un préjugé favorable d’être le président le plus légitime de l’histoire du Mali au regard du taux de participation et le score record du scrutin qui l’a porté à la tête de l’Etat. Cette belle embellie cache pourtant mal les défis qui jonchent la route de la colline Koulouba qu’il va arpenter désormais pendant cinq ans. Le porte-étendard du Rassemblement pour le Mali(RPM) hérite d’un Mali presque à terre qui a besoin d’une thérapie de choc pour se relever. C’est d’ailleurs conscient de cette situation pour le moins chaotique que les Maliens lui ont préféré aux autres candidats à la présidentielle passée, confiants qu’ils sont, en sa capacité de leur mener à la ‘’terre promise’’. Plus que jamais la confiance de Maliens se mesure à l’aune de leurs attentes. Du pain sur la planche du Kankeletigui qui doit se faire fort pour mettre un gouvernement compétent qui ne doit pas observer de round d’observation comme diraient les sportifs. Mais que l’on ne se fasse d’illusion. Le nouveau président a beau avoir la volonté restaurer l’honneur des Maliens et assurer leur bonheur, il n’y parviendra que lorsque ceux-ci le voudront et l’y aideront. Comme dirait le dicton de chez nous : « on se peut pas raser la tête d’une personne à son absence ». L’onction populaire qui s’est exprimé en faveur de IBK dans les urnes doit l’être davantage au quotidien pour soutenir président et son équipe à répondre à leurs aspirations profondes. Dix ans de pratiques tordues, malsaines sur fond d’un laisser aller et d’une permissivité incroyables avaient fini de pervertir un bonne partie des Maliens. Comme inverser cette fâcheuse tendance ? Il leur faudra donc accepter de faire une cure ‘’comportementale’’, une condition indispensable d’accompagner leur joker. Les fonctionnaires doivent arrêter de voir en la fonction publique une sinécure et un haut lieu de business, favoritisme de népotisme, de favoritisme de corruption. Les acteurs de l’école doivent accepter ramener l’école à l’école et la sortir des contingences politiques pour donner lui donner ses lettres de noblesse. Les hommes politiques doivent accepter de mettre l’intérêt du pays devant leurs intérêts personnels et égoïstes. Ils doivent cesser de voir en l’Etat une vache laitière pour eux et leurs entourages. Et porter en bandoulière une certaine éthique qui n’est du reste pas antinomique à la politique comme pourraient le penser certains. Les juges doivent accepter de sortir de la logique d’une justice à deux vitesses qui lèsent les pauvres au profit de ceux qui distribuent à la pelle les espèces sonnantes et trébuchantes. Les acteurs de la santé doivent rendre service en ne perdant pas de vue le serment prêté en obtenant le diplôme. La liste des secteurs appelés à changer n’est pas exhaustive. Comme on peut bien voir, le changement ne se réalisera pas par des cantiques ou des gesticulations mais par un changement de comportement. C’est à ce prix que les Maliens pourront aider le tout nouveau président à traduire en actes concrets ses promesses de campagne.

IBK et la fin la fin de la jachère politique

C’est ce matin,20 août, à 11 heures précises que la Cour constitutionnelle va donner les résultats définitifs du scrutin de 11 août dernier remporté par Ibrahim Boubacar Kéita avec 78,% face à son challenger Soumaïla Cisssé avec 22%. L’audience de ce matin ne vise en réalité qu’à confirmer le raz-de marée électoral du candidat du Rassemblement pour le Mali(RPM) après la décision de Soumaïla Cissé de n’introduire aucune requête auprès de la Cour constitutionnelle. Au moment ou l’ancien premier ministre s’apprête à occuper la très convoitée chaise de Koulouba, le chemin de la colline du pouvoir est jonché de défis aussi cruciaux les uns les autres. Les attentes des Maliens sont d’autant plus grandes que l’arrivée du Kankelentigui (homme de parole) est perçue comme la solution aux maux dont a souffert le pays ces dix dernières années. Des maux dont l’origine, selon la vox populi, sont la résultante de la faiblesse ou l’effritement de l’autorité de l’Etat dont le seul restaurateur désigné est IBK il a en administré la preuve par le passé. Pour les Maliens il est comme Hercule qui doit nettoyer les écuries maliennes. Le mal qui a surtout gangréné le corps démocratique malien est sans aucun doute le consensus inauguré par l’ancien président ATT. Le consensus qui est dans son essence antinomique à la démocratie. Une opposition aphone rivalisait avec une société civile pusillanime dans l’art de décrocher des strapontins. Les partis politiques dans leur écrasante majorité ont préféré surfer sur la vague du suivisme pour ne pas être sevré des avantages du pouvoir. La nouvelle trouvaille a longtemps donné le change tant au plan national qu’à l’extérieur à telle enseigne que le Mali était cité à tout bout champ comme la vitrine démocratique au sud du Sahara. ‘’La supercherie politique’’, selon un observateur de la scène politique malienne a, in fine, montré ses limites avec le résultat qu’on connaît. Le Mali de ATT avait ainsi fini de réunir les ingrédients de la jachère démocratique, après les dix ans de labour démocratique sous Alpha Oumar Konaré, le Mali a pendant dix ans, connu ce qu’on pourrait appeler la jachère démocratique. Cette pratique qui consiste en agriculture à laisser un terrain se reposer pendant quelques temps pour se fortifier. C’est du moins ce qu’on espère pour la démocratie malienne qui, dit-on, va retrouver son tempo réel avec le nouveau locataire de Koulouba. Son charisme, son expérience et sa fermeté sont autant de préjugés favorables qui plaident en sa faveur. Pour y arriver, il doit cependant rompre d’avec les méthodes d’ATT qui se résumaient à plaire à tout le monde et à réunir tous les acteurs politiques autour de la marmite sur fond de corruption et de permissivité occasionnant du coup une sclérose démocratique au détriment du développement du pays.IBK doit éviter le piège de ces hommes politiques qui se comportent comme de véritables girouettes qui prennent le sens du vent, n’ont aucune conviction et n’apporte aucune valeur ajoutée à l’exercice du pouvoir. En revanche il doit toujours essayer d’être en phase avec les masses populaires qui l’ont porté au sommet de l’Etat et dont le bonheur, a-t-il promis, sera assuré son son magistère.

Premier tour de la présidentielle : Partie gagnée

La surprise du chef. Ainsi peut-on qualifier le scrutin d’hier qui, en se déroulant dans une atmosphère empreinte de sérénité et sans incident tout en drainant plus d’électeurs que les autres scrutins, aura été le meilleur du pays. De bon augure pour la sortie de crise. Historique ! Le premier tour de l’élection présidentielle de ce dimanche 28 juillet l’aura été. Meilleur scrutin de l’histoire politique contemporaine du Mali. Elle l’aura également été de l’aveu même du président de transition, Dioncounda Traoré, venu accomplir son devoir civique hier au bureau de vote du lycée Mamadou Sarr dans le quartier populaire de Lafiabougou, en commune IV du district de Bamako. L’impression présidentielle ne peut être démentie au regard de la ferveur et l’engouement sans précédent dont ont fait montre les Maliens en cette journée dominicale devant les bureaux de vote du pays dès l’ouverture du scrutin à 8 heures jusqu’à la fermeture à 18 heures. Les longues files devant les bureaux de vote étaient assez révélatrice de cette ferveur électorale qui s’est spontanément emparée des électeurs maliens. Les milliers d’observateurs nationaux et internationaux déployés à travers le pays ne pouvaient agréablement qu’être surpris par la démonstration de force des Maliens. Le Mali est donc parti pour réaliser le meilleur taux de participation à une élection depuis son indépendance en 1960, aussi surprenant que cela puisse paraître dans un contexte de crise. Du coup Les Maliens ont fait mentir du coup les oiseaux de mauvais augure et autres Cassandre qui parlaient d’un scrutin précipité, de tous les dangers. Et ont fait un pied de nez aux jihadistes du Mouvement pour l’unicité du jihad en Afrique de l’ouest(Mujao) qui avaient menacé de frapper dans les bureaux de vote. Pari tenu donc par les autorités de transition qui ont mis un point d’honneur en réussissant un scrutin calme et sans incident et apprécié de tous. Défi relevé par les Maliens par la mobilisation extraordinaire d’hier qui traduit, au-delà des apparences, la volonté de prendre leur en main en élisant un président qui réponde à leurs aspirations profondes. Bref le Mali montre ainsi, si besoin est, qu’il peut tel phœnix renaître de ses cendres après avoir été fortement ébranlé par une crise sans précédent. Les résultats seront connus officiellement le vendredi. Nous osons espérer que les candidats en lice paieront leur écot en acceptant les résultats sortis des urnes conformément à l’esprit du code de bonne conduite signé par la plupart d’entre eux. En tout cas la réussite du processus électoral passera par cela. NB: Cet article a été rédigé au lendemain de la tenue du premier de la présidentielle du 28 juillet 2013

samedi 22 juin 2013

Crise au Mali : La saga malienne

Depuis le début de la crise malienne, le pays est devenu champion des faits dont le burlesque le dispute à la révolte. A force de voir dérouler cette saga des faits rocambolesques, les Maliens s’y sont habitués au point d’être quasiment blasés. Sans doute l’épisode phare de cette saga malienne est l’agression du président intérimaire, Dioncounda Traoré, jusque dans son bureau de la Présidence. Une première mondiale dont le record sera difficilement battue dans ce monde moderne. A l’époque, les historiens ont cherché vainement dans les livres d’histoire un précédent. Autre épisode non moins important de la saga, c’est la démission forcée de l’ancien premier ministre Cheick Modibo Diarra. Martien qu’il est, l’homme aimait les randonnées aériennes jusqu’au jour où il en a été empêché car, jugé trop aérien et oublieux des promesses terrestres. La saga à la malienne a eu son épisode de tragi-comédie qui a laissé pantois plus d’un. Il s’agit des affrontements mortels être frères d’armes prosaïquement appelés la guerre des bérets. Une guerre entre les nostalgiques du général ATT et les partisans du nouvel ordre. Rapporteurs fidèles de la saga malienne, les journalistes en ont eu pour leur grade. Ceux qui se gargarisaient d’être à l’avant-garde de la démocratie au Mali ont dû réaliser que leur liberté d’expression s’arrête, comme l’a ironisé l’humoriste Mamane de Rfi, là où commence la répression des autres. Abdrahamane Kéita, Saouti Haidara ou Boukary Daou en ont appris à leurs dépens. Le ministre de la Fonction publique qui a bandé ses muscles a été vite remis à sa place dans la saga. Après avoir courageusement débarrassé la fonction publique d’une partie de ses ordures l’a reçue en plein visage tel un boomerang. Les revenants ont même fêté leur retour en faisant des libations pour montrer leur puissance face à leur bourreau. Lequel n’avait plus qu’à se rendre à l’évidence : changer est un crime de lèse-magouilleurs, tricheurs ou corrupteurs. Dernier épisode de la saga, c’est la sortie ratée du contingent ‘’Waraba ‘’ du nom des militaires maliens en formation à Koulikoro sous l’égide de l’Union européenne. Pris par une subite cupidité, les soldats ont superbement oublié que la discipline fait la principale force des armées. Faute d’avoir perçu une prime et un galon, ils ont préféré boycotter la cérémonie de sortie le samedi dernier. Saga malienne, suite mais pas fin. Pour voir tous les épisodes passés ou les prochains, connectez-vous sur le Mali.

vendredi 21 juin 2013

Accord préliminaire de Ouagadougou : Mi-figue, mi-raisin pour le Mali

Après onze jours de négociations, l’accord tant attendu est signé par le gouvernement de Transition du Mali et les groupes armés du nord du pays hier à Ouagadougou, dans la capitale burkinabé. Moussa Sinko Coulibaly, ministre malien de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire pour le gouvernement, Bilal Ag Chérif du Mouvement national de libération de l’Azawad(MNLA)et Alghabas Ag Intalla pour le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) ont paraphé l’accord. Appelé « Accord préliminaire à l’élection présidentielle et aux pourparlers inclusifs de paix au Mali », il vaut son pesant de 12 pages et de 25 articles. Comme le titre l’indique si bien, le chemin est désormais plus que jamais balisé pour la tenue de la présidentielle à la date indiquée, c'est-à-dire le 28juillet prochain. Sans oublier le second round des négociations censé avoir lieu avec les autorités légitimement élues. La signature de l’accord ne suscite pas pour le moment de réactions particulières chez les Maliens qui suivaient de près le déroulé des événements. A priori on ne crache pas sur l’accord tout comme l’on ne crie pas au triomphalisme. Toutefois, il est supposé accorder la faveur au Mali. Difficile de dire le contraire quand on sait qu’il va permettre le déploiement de l’Administration, des militaires maliens et des services sociaux de base à Kidal dans la perspective de l’organisation des élections. Autre point à mettre à l’actif des autorités de Transition, c’est le désarmement des groupements armés dont la première étape demeure le cantonnement des éléments desdits groupes. Il importe de souligner que l’accord d’hier fait un black-out sur la suspension des poursuites judicaires lancées contre du Mnla. Voilà des points sur lesquels le commun des Maliens tenait à la prunelle et ne voulait point transiger. Des bémols cependant : la présence du Mnla dans la commission mixte chargé de l’élaboration du calendrier pour le retour de l’Administration et l’armée au nord, le désarmement qui ne sera pas immédiat ainsi que le maintien du nom Azawad. On peut bien dire que la bataille des négociations a tourné à l’avantage des nôtres, donc au bénéfice des autorités de Transition qui ont su écouter la voix du peuple. Elles ont accepté le compromis pour le Mali et refuser la compromission pour sauvegarder l’honneur du pays de Soundjata . Certes. Mais la guerre est loin d’être gagnée. Elle sera menée par les nouvelles autorités issues des élections à venir. Celles-ci doivent s’employer à éclaircir davantage quelques points acceptés par le gouvernement au non d’un modus vivendi. Il s’agit entre autres des points contenus dans l’article 21 de l’accord, relatifs à « l’organisation administrative et institutionnelle du Mali, en particulier des régions du nord du Mali désignées par certains sous le terme de l’Azawad » ou « la réorganisation des forces de défense et de sécurité ainsi que le programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion socioéconomique(DDR) des groupes armés du nord du Mali »

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